FOND FRANCAIS
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CAPITALISONS
SUR NOTRE SANTE

VEILLE SCIENTIFIQUE

Le FFBE a un rôle de veille scientifique qui lui tient à coeur. Elle permet d’être en prise directe avec la réalité scientifique la plus récente. Ces données de la recherche, validées par les plus grandes équipes internationales, proviennent de multiples disciplines dont le comité scientifique multidisciplinaire du FFBE a validé pour vous quelques extraits choisis.

Veille scientifique : « Viellissement réussi , santé durable », quoi de neuf ? (Sep 2012-Sept 2013)
Pr Josette DALL’AVA-SANTUCCI . Septembre 2013

1. L’exercice physique régulier chez les plus de 70 ans protège le cerveau, mieux que les activités mentales et sociales. Etude contrôlée par imagerie cérébrale qui montre moins d’atrophie cérébrale avec l’âge chez les moins sédentaires (Neurology octobre 2012).

Par ailleurs, l’exercice régulier (marche à bon pas) augmente la longévité chez le sujet à poids normal, en surpoids ou obèse (Méta analyse incluant 650000 sujets Jama nov 2012). Ainsi, pratiqué régulièrement, l’exercice fait gagner jusqu’à 14 ans !

Toujours concernant l’exercice : pour la première fois une étude montre que des sportifs de haut niveau (les coureurs français du tour de France) ont une longévité plus grande que la population masculine de même âge. Un collègue commente : « la population masculine en France a un mode de vie si délétère que sport + dopage vaut encore mieux que télé + tabagisme + alcool ! ».

2. L’importance du sommeil dans l’équilibre alimentaire est confirmée: d’une part, le manque de sommeil stimule la sensation de faim et d’autre part, perturbe des hormones impliquées dans la régulation de l’appétit : leptine, ghréline, cortisol.

3. Dans le domaine digestif on note deux articles publiés dans la prestigieuse revue Nature qui concernent la flore intestinale maintenant étudiée à l’aide de la génomique. Les microbes intestinaux représentent, en nombre de cellules, 10 fois les cellules de notre corps. La variété de cette flore constitue une protection contre l’inflammation, l’obésité et ses complications. Par ailleurs, on a pu améliorer chez l’homme son profil métabolique en enrichissant la flore. Chez l’animal on a pu ajouter les espèces bactériennes manquantes et améliorer ainsi les défenses immunitaires. Par ailleurs les bénéfices de l’alimentation méditerranéenne sont largement confirmés dans un article publié dans New England Journal of medicine (25 Fev.2013). Elle réduit la mortalité, les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux.

4. Dans le domaine du cerveau : nouveauté chez l’animal à confirmer chez l’homme : le comportement boulimique pourrait être inhibé par des techniques de stimulation cérébrale. L’hypothèse est que la boulimie est due à un déficit en dopamine, neurotransmetteur du système de récompense. La stimulation se fait au niveau de ce circuit. On savait déjà que les obèses perçoivent mal la sensation de plaisir ; ces stimulations pourraient logiquement rétablir cette perception et donc réduire la prise alimentaire (notons que les techniques de stimulations cérébrales sont bien maitrisées chez l’homme dans d’autres applications).

Enfin le scoop : le bilinguisme, pratiqué régulièrement, protège le cerveau des personnes âgées. Les premières études canadiennes avaient montré chez les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, que les personnes bilingues voient la maladie se révéler 5 ans plus tard, ce que ne fait aujourd’hui aucun médicament. Plus récemment, plusieurs études montrent que le bilinguisme protège le cerveau du sujet normal, au même titre que l’exercice et l’alimentation saine. Le mécanisme serait une augmentation de la « réserve cognitive », par le maintien de plus de connexions entre les neurones (Revue générale de E.Byalistock 2012).

5. Le top secret à suivre : un nouveau somnifère est à l’étude qui aurait l’avantage sur les médicaments existants de ne pas provoquer de troubles de mémoire mais aurait comme effet secondaire de limiter l’appétit…. On peut imaginer qu’il y aura des problèmes d’AMM (autorisation de mise sur le marché) du fait d’un possible détournement de prescriptions !

Innovation et actualités en nutrition en 2013
Dr Hervé ROBERT, Médecin nutritionniste, Enseignant à la Faculté de Médecine Paris 13

6 points importants doivent être mis en avant en nutrition :

3 rappels :

Rappel du changement des ANC des lipides avec mise en avant des AGPI oméga 3
Rappel de l’apport calorique lié aux fibres
Rappel du nouvel étiquetage des produits alimentaires pour 2014 avec prise en compte des allégations européennes.

3 points souvent abordés dans les publications scientifiques en 2013 :

Rôle essentiel des antioxydants et surtout des polyphénols dans la prévention de nombreuses affections
Rôle de l’inflammation dans de nombreuses maladies : affections cardio-vasculaires, obésité
Rôle de la flore intestinale dans plusieurs pathologies : obésité

Rappel des apports nutritionnels conseillés pour les lipides

Auparavant les lipides ne devaient constituer que 30 à 35 % de l’apport calorique. Depuis 2010, leur apport est augmenté de 5 % : on passe de 35 à 40 % de lipides.

C’est pour s’assurer que l’apport en oméga 3 soit suffisant, alors qu’il ne l’est souvent pas. Or les oméga 3 jouent un rôle important contre l’inflammation impliquée dans de nombreuses maladies (cf ci-dessous).

Ce nouvel apport conseillé pour les lipides ramène l’apport des glucides à 45 à 50 % de l’apport énergétique quotidien. L’apport des protéines restant inchangé à 15%.

Rappel de l’apport calorique lié aux fibres

Jusqu’en 2011, on considérait que les fibres étaient totalement indigestibles. Donc qu’elles n’apportaient pas de calories.
Ensuite, on s’est rendu compte que les fibres ne sont certes par digérées au niveau de l’intestin grêle, mais subissent une fermentation dans le colon.

Il se forme alors des acides gras libres qui sont réabsorbés et vont au foie. On compte depuis qu’un gramme de fibre apporte 2 kcal.

Rappel du nouvel étiquetage des produits alimentaires

Les mentions valorisant les produits sur les emballages (ou dans des brochures de communication) sont aujourd’hui strictement réglementées.

C’est le principe de la liste positive qui a été retenue par l’Europe. Seules les allégations santé autorisées par l’EFSA (European Food Security Authority) peuvent être mentionnées.

Elles ont commencé à être publiées au Journal Officiel Européen à partir de mai 2012. Il y a près de 230 allégations aujourd’hui. Le texte de l’EFSA ne peut être modifié, il doit être mis tel quel sur l’emballage, or il n’est pas toujours très explicite et très compréhensible par le consommateur…

Etiquetage impératif sur les emballages des allergènes alimentaires obligatoires.

Importance des antioxydants en nutrition préventive

Le stress oxydatif est à l’origine du vieillissement cellulaire et de nombreuses pathologies : affections cardio-vasculaires et cancers notamment.


Les antioxydants des aliments luttent contre ce stress oxydatif. Ces antioxydants sont : les polyphénols, les vitamines C et E, les caroténoïdes, le sélénium, le cuivre et le zinc.

Parmi ces antioxydants, les plus puissants sont les polyphénols qu’on trouve dans : les épices (cannelle, ail…), la poudre de cacao, le chocolat noir, le café, le thé vert, le vin rouge, les fruits, les légumes (oignons…) et les fines herbes.

Le rôle de l’inflammation dans de nombreuses maladies

L’obésité est une maladie inflammatoire. En effet, elle n’est pas qu’une augmentation du tissu adipeux, elle correspond aussi à une inflammation du tissu adipeux.


Cette inflammation favorise les complications : affections cardio-vasculaires, diabète et cancers.

Quant aux maladies cardio-vasculaires, contrairement à une image répandue, le cholestérol ne se dépose pas dans les artères, comme le calcaire dans les canalisations. La formation de la plaque d’athérome est aussi un processus inflammatoire.

Le diabète est aussi associé à un état inflammatoire dans le sang et le tissu adipeux.

Parmi les nutriments ayant un rôle anti-inflammatoire, qu’il faut consommer suffisamment, il y a : les polyphénols et les acides gras polyinsaturés oméga 3.

L’importance de la flore intestinale

La flore intestinale (ou microbiote) joue un rôle essentiel dans notre bonne santé. Certains aliments sont les meilleurs alliés du microbiote : les probiotiques (yaourts) et les prébiotiques (certaines fibres alimentaires) qui assurent un bon équilibre de ce microbiote.


Chez l’animal, on a identifié le rôle crucial d’une bactérie intestinale, Akkermansia muciniphila, dans le maintien de la barrière muqueuse intestinale et dans la prévention des troubles métaboliques liés à l’obésité.
Cela débouchera peut-être, dans quelques années, sur des traitements spécifiques adaptés.

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